Est-ce bientôt la fin de l’argent liquide ?

La monnaie physique représente le fondement de notre société, mais depuis les années 2000 la monnaie physique se fait de plus en plus rare. En effet, avec la Révolution Numérique, seule une transaction sur deux, se fait avec de l'argent liquide au profit des paiements par carte bancaire. Le cash déserte donc, chaque jour, un peu plus nos habitudes de paiement. Mais serait-il possible de penser à la fin de l’argent liquide ?

La fin du cash: initiative économique ?

La Suède et le Danemark songent de plus en plus à réduire la circulation de la monnaie liquide dans leur pays respectif. En effet, bientôt, il ne sera plus obligatoire, pour les commerces de ces pays, d’accepter l’argent liquide.

Mais quels sont les intérêts pour les Etats de voir la circulation du cash diminuer, voir disparaître ? Il faut savoir que les espèces coûtent cher à fabriquer et à transporter. C’est un moyen de paiement peu compétitif donc. Par exemple, la Monnaie de Paris fabrique pas moins d’1,3 milliard de pièces chaque année. Même si une pièce de 2€ ne coûte que 17 centimes à fabriquer, les pièces de 1 centimes elles, coûtent beaucoup plus cher que ce qu’elles valent.

Les Etats ont de nombreux intérêts financiers à voir l’argent liquide disparaître, notamment à cause du blanchiment d’argent. Le cash est effectivement utilisé entre autres pour l’évasion fiscale, le crime et le terrorisme, puisque le liquide n’est pas traçable contrairement au paiement digital. C’est pourquoi en France, depuis 2015, le paiement en cash au delà de 1000€ est interdit.

C’est de part tous ces éléments, que l’on voit apparaître au fil du temps, la dématérialisation monétaire. Selon une étude de Capgemini, les moyens de paiements “scripturaux” (moyens de paiements qui ne sont pas matérialisés par des pièces ou des billets) affichent une croissance de 10% dans le monde en 2015.

Vers une société “cashless”  et de nouveaux moyens de paiement

Les FinTech (contraction de “finance” et de “technologie”) sont de plus en plus nombreuses à proposer des moyens de paiement “révolutionnaires” afin de rendre l’échange d’argent simple, convivial et gratuit. Le paiement mobile prend une place de plus ne plus importante dans les habitudes de paiement, à défaut des paiements en cash qui ne cessent de diminuer.

C’est le cas notamment pour la Chine. Selon l’Alliance Better Than Cash, en 2010 les pièces et les billets pesaient encore 61 % des transactions, mais ceux-ci ne devraient représenter plus que 30% des paiements en 2020.

Depuis quelques années, de nouveaux moyens de paiement ont vu le jour:

  • Le paiement sans contact
  • Le paiement mobile
  • Le paiement sur Internet
  • Le remboursement entre amis
  • La cagnotte en ligne, etc.

 

Nombreuses sont les possibilités afin de remplacer les paiements en cash. L’essor des nouveaux moyens de paiement, entraîne une diminution considérable des retraits. En France par exemple, les retraits ont diminués de 1.1% en 2016. Les banques en ligne et les néo banques proposent en effet, des comptes bancaires sans banque. En peu de temps, elles sont devenues de réelles concurrentes des banques traditionnelles.

Elles vont jusqu’à facturer les retraits, ce qui ne favorise pas la circulation du cash. Mais pourquoi les néo banques et les banques en ligne sont-elles de plus en plus prisées ? Tout simplement parce qu’elle proposent des tarifs défiant toute concurrence, à l’heure ou les banques traditionnelles, elles, augmentent leurs frais au détriment de leurs clients.

D’autre part, le fait que les utilisateurs de ces banques en ligne soient leur propre banquier, et que les néo banques n’autorisent pas le découvert, n’engendre pas de frais indésirables.

La dématérialisation monétaire ou la traçabilité des transactions

Qui dit paiements digitaux, dit traçabilité. Le cash était fortement prisé pour sa discrétion quant aux transactions que l’on pouvait effectuer. Avec la numérisation des transactions, il est possible de savoir où, quand et ce que vous avez acheté. Cela a pour avantage principal de limiter le blanchiment d’argent ou le financement d’armes, de drogues et du terrorisme. Mais beaucoup de personnes encore, n’adhèrent pas à la digitalisation de la monnaie, du fait qu’ils se sentent “surveillés”.

Les banques en ligne et les néobanques doivent redoubler d’efforts pour convaincre les sceptiques. Lorsque vous souscrivez à un compte bancaire en ligne, un protocole est mis en place afin de garantir l’identité du client et de sa bonne foi. En cas de doute, les banques en ligne et les néo banques doivent effectuer une déclaration auprès des autorités compétentes.

L’impact négatif du cash sur l’environnement

La production de pièces et billets a un impact conséquent sur l’environnement. En effet de la fabrication à la distribution, l’impact environnemental est conséquent.

Selon une étude réalisée par Ernst & Young et Bio intelligence service, la carte bancaire est le moyen de paiement le plus économe en carbone. A titre indicatif, voici les émissions de CO2 engendrées pour les trois moyens de paiement principaux:

  • La carte bancaire: 3g de CO2 par paiement;
  • Le chèque: 15g de CO2 par paiement;
  • Les espèces (pour 40€ en pièces et billets): 22g de CO2

Cette étude a été réalisée en prenant en compte le cycle de vie de ces moyens de paiement, des matières premières jusqu’à la mise en déchet.

Les émissions de CO2 sont principalement dues au transport, notamment pour les chèques et les espèces, dont la logistique émet beaucoup de CO2.

Cependant, certains commerçants n’acceptent pas les paiements par carte bancaire en deçà d’un montant. Cela est dû au fait, que les banques prennent une commissions sur les paiements par carte. Afin de pallier ce problème et de limiter les paiements par carte bancaire, les banques se sont engagées à réduire de 20 à 50% les commissions interbancaires depuis octobre 2011.

Plus récemment, les banques ont vu à la baisse, les commissions pour les paiements en sans contact. Ainsi, depuis octobre 2017, les paiements en sans-contact sont passés de 20€ d’achats à 30€ afin de laisser plus de liberté aux détenteurs de carte bancaire.

La Carte CO2 et la monnaie climatique

Le Compte CO2 est une FinTech qui récompense financièrement les particuliers qui réduisent leurs émissions de CO2. Sous justificatifs et certaines conditions, pour une tonne de CO2 non-émise sur une année, l’utilisateur du Compte CO2 reçoit 52,64€. Par exemple, pour l’achat d’un véhicule électrique, l’utilisateur va émettre en moyenne 2 tonnes de CO2 en moins, qu’avec sa voiture diesel ou essence. Ainsi, tous les ans, ils percevra un peu plus de 100€. C’est à ce moment que la monnaie CO2 apparaît.

Le Compte CO2 propose aujourd’hui un nouveau service. La Carte CO2, qui rejoint les néobanques existantes (N26, Révolut, Orange Bank,...) en présentant une carte de paiement permettant de faire circuler la monnaie CO2. Le but est d’étendre la circulation de la monnaie CO2 accessible à  tous, et de permettre aux non-réducteurs d’agir en faveur de l’environnement. A chaque fois que vous rechargez votre compte de 50€, c’est une tonne de CO2 en moins dans l’atmosphère.

 

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