Le label bio : Le tour de la question

Le label est partout dans les rayons de nos supermarchés et nous rassure quant à la qualité des produits que nous consommons. Mais connaissons-nous vraiment les normes qui se cachent derrière ce label bio ? Et comment différencier les labels qui existent ?

Qu’est-ce qu’un label bio ?

Le label et l'étiquetage des nombreux produits qui parcourent nos rayons permettent de nous renseigner sur la provenance, les conditions de production, ou encore la qualité des produits que nous consommons quotidiennement. Concernant le secteur agriculture biologique, la réglementation et l’importance de la présence de ces logos sont déterminantes afin de nous aiguiller au mieux dans notre choix de consommation. La réglementation européenne définit et fait appliquer les normes liées à l’agriculture biologique ainsi que celles liées aux exigences concernant l’importation et l’inspection exigées dans l’union européenne.

Le but de ce logo ? Nous permettre d’identifier facilement les produits issus de normes biologiques de ceux qui ne le sont pas. Il garantit également un respect des consignes « bio » imposées dans le secteur et une preuve de qualité pour les produits proposés auprès du consommateur. Quelle aubaine !

Quels sont les labels bio qui existent ?

La récente mode des produits dits « Bio »  et du label bio a provoqué une marée de nouveaux produits verts sur le marché. Seulement, le sont-ils tous ? Et surtout, quelles en sont les différences ?

Agriculture Biologique (AB)

Le premier mais pas des moindres est le très recherché label Agriculture Biologique  ou label AB rassemblant tous les produits issus d’une agriculture respectueuse de l’environnement, en concordance avec le second logo « normes européennes » certifiant le respect des consignes imposées par la réglementation biologique. Ces deux labels confirment l’absence d’utilisation des pesticides et d’engrais minéraux, ainsi que la limitation de l’élevage animal et l’interdiction de plus de 0.9% d’organismes génétiquement modifiés (OGM) dans les produits.

Bio Cohérence

Le label Bio cohérence est le nouveau label biologique français dans la lignée de ces prédécesseurs européens : AB et normes européennes. Toutefois, le label français du bio est plus exigeant et durcit les règles mises en place en termes d’agriculture biologique. En effet, lorsque le label AB s’autorise 0.9% d’OGM par ingrédients d’un produit, le label Bio Cohérence en exige 0%. De même, 100% des ingrédients utilisés pour la fabrication des produits doivent être d’origine biologique, contre 95% pour le label européen.

Concernant l’élevage, les fermes recherchant le convoité logo devront être 100% biologiques et donc consommer 100% d’alimentation biologique, majoritairement provenant de la ferme elle-même, avec des conditions d’exploitation strictes en ce qui concerne le bien-être animal. Cerise sur le gâteau : si vous cherchez à être labellisé, vous devrez effectuer un autodiagnostic de votre exploitation, incluant les méthodes utilisées et à améliorer, principalement en terme d’impact environnemental.

Bio Partenaire

Biopartenaire suit les règles établies par le label AB en ce qui concerne les méthodes de production biologique. Le label Biopartenaire se différencie dans le domaine des conditions de travail des producteurs afin de leur assurer des contrats durables et un revenu juste tout en favorisant les productions locales. Ce label bio favorise le bien-être des producteurs et la limitation de l’impact sur l’environnement des productions agricoles.

Demeter

Le label Demeter se base sur les normes imposées par le label AB à la différence que concernant la « production » regroupant les domaines de la grande culture, l’élevage, le maraîchage, les vignes, et l’arboriculture, et la « transformation » de produits tels que la panification, les jus, les vins, et les fromages, les règles sont plus strictes. Une période de conversion pour les agriculteurs, les viticulteurs et les entreprises est obligatoire. Le but premier de ce label bio n’est pas uniquement d’interdire l’utilisation de produits chimiques en agriculture, mais également d’impliquer les agriculteurs dans l’amélioration de la qualité du sol permettant une meilleure qualité de leurs produits.

Nature & Progrès

Le label Nature&Progrès est une association d’agriculteurs, d’artisans et de consommateurs interdisant les traces d’OGM et l’huile de palme dans ses produits, même si ceux-ci remplissent le cahier des charges de l’agriculture biologique. De même, l’alimentation animale, que ce soit pour les herbivores ou pour les porcs, doit être de moitié d’origine de la ferme d’élevage. Ce label bio est privé, et est reconnu par la Fédération Internationale des Mouvements de l'Agriculture Biologique. De plus, aucune ferme se situant à moins de 500m de grandes voies routières ou en aval d’exploitations agricoles polluantes n’est tolérée par le label. Des contrôles annuels dans les fermes sont effectués par les agents de Nature&Progrès.

Équitable ECOCERT

Le label Équitable délivré par Ecocert repose sur une agriculture certifiée biologique avec un objectif de préservation de la biodiversité. Toutefois, le terme équitable est relatif à quatre principes appliqués par le label : économique, social, gouvernance, et environnemental. Le label impose des conditions de travail décentes, des prix et des salaires justes ainsi que des primes de financement pour les agriculteurs, et une organisation collective et démocratique des organisations partenaires.

Quels enjeux pour le label bio ?

Avec la récente popularité de la filière agriculture biologique depuis ces dix dernières années, la demande a explosé sur le marché de l’alimentaire. Mais la production européenne peine à répondre à cette nouvelle demande. En effet, le marché des produits biologiques a été multiplié par quatre depuis 2007 dans toute l’Europe.

Pourtant, seulement un faible pourcentage des terres de l’Union européenne sont réservées à l’agriculture biologique. L’offre n’est donc plus à la hauteur des exigences du marché vert.

Pourquoi ? Le Bio exige généralement un coût de production plus élevé que les produits provenant d’une agriculture conventionnelle.

Néanmoins, les lois mises en place en terme d'agriculture biologique et permettant le bon développement de produits de meilleure qualité pourrait être prochainement compromis. En effet, une récente modification des règles de production du biologique pourrait bientôt diminuer le caractère écologique des produits bio en devenant plus laxistes sur les normes imposées.

Pourtant, selon les accords du protocole de Kyoto et la lutte contre le changement climatique le secteur de l'agriculture devrait être un secteur respecté et encouragé par tous les gouvernements adhérents. En effet, au sein de l'Union Européenne, près de 10% des gaz à effets de serre qui réchauffent notre atmosphère sont produits par l'agriculture.

Découvrir
Cela peut vous intéresser