La place de la biomasse en France

La biomasse est souvent occultée dans le décompte des énergies renouvelables au profit d'autres types d'énergies. Elle ne fournissait en 2014 qu'un dixième de la production du parc éolien français, soit 1850GW, pour un potentiel pourtant colossal. Dans les faits peu d'incitation sont générées par le gouvernement pour développer cette voie - les appels à projets du CRE constituent la seule démarche concrète de promotion de la filière biomasse.

Les raisons du blocage

Lors du quatrième appel à projet du CRE clos en février 2011, 15 projets d'une puissance totale de 420MW avaient été sélectionnés. 3 ans plus tard en avril 2014 aucun n'avait été finalisé et 43MW de projets avaient été abandonnés. Peut-être faut-il mettre à ce compte la volonté de sélectionner 420MW de biomasse pour un appel à projet initialement prévu pour 200MW. Quoi qu'il arrive, la France fait pâle figure face à son voisin allemand où 7% de la production énergétique nationale provient de la biomasse contre moins de 1% dans l'hexagone. Plusieurs paramètres sont cependant à considérer avec attention pour comprendre la faible évolution de la biomasse au sein du mix énergétique français.

Le poids de l'incertitude

Au cours d'un appel à projet la commission chargé de l'étude des dossiers doit vérifier trois critères fondamentaux : le lieu de réception de l'installation de biomasse, l'usage prévu de la biomasse (électricité, chaleur, ou biogaz), le rapport production installée/production effective.

C'est sans aucun doute ce dernier point qui détermine ou non de l'acceptation du projet. Produire de l'électricité ou de la chaleur ne suffit pas : il faut pouvoir redistribuer efficacement cette énergie. De nombreux projets sont de cette manière abandonnés faute de débouchés suffisamment importants pour la production envisagée. D'autres projets initialement retenus voient leur candidature inéligible suite à la perte d'un débouché.

Deux grands cas de figures justifient de la mise en place d'une centrale biomasse. Soit la centrale est à proximité d'un réseau urbain de de distribution de chaleur en demande d'énergie ; soit il existe des entreprises dans les environs dont les besoins en électricité peuvent être couverts par l'énergie verte de la biomasse. La fermeture d'une entreprise proche est le motif le plus couramment observé pour le rejet des dossiers.

Des coûts trop jugés trop importants

Outre la barrière administrative et géographique, les potentiels candidats doivent aussi trouver les moyens de financer les nouveaux équipements. Le CRE évalue entre 3 millions et 6,3 millions d'euros le coût d'un MW de puissance pour une centrale neuve. Le coût s'allège nécessairement pour les MW suivants, mais il reste diablement onéreux. Ainsi, sur 9 projets étudiés en détail par le CRE au terme des quatre premiers appels d'offre, 3 étaient financés quasi-entièrement par de la dette, les autres à 50% au minimum.

Face à la diversité des situations, il est impossible sinon très difficile d'instaurer un tarif unique du prix de l'électricité issu de la biomasse. Cela va à l'encontre du processus ordinairement utilisé qui consiste à fixer un prix fixe au niveau national, revu périodiquement, comme c'est le cas du gaz, de l'électricité ou du fioul.

Un exemple concret de biomasse : la méthanisation

Pour comprendre le fonctionnement de la biomasse il peut être utile de développer un cas d'étude : la méthanisation. La méthanisation consiste à transformer de la matière organique (des rejets agricoles par exemple) en méthane en les laissant se dégrader dans un environnement privé d'oxygène. Le méthane est un biogaz dans la mesure où il est renouvelable et compensé par la photosynthèse des autres êtres vivants.

Il est possible de répliquer et d'accélérer ce phénomène de méthanisation à l'échelle d'une exploitation agricole ou d'une municipalité. On utilise pour cela un digesteur. Le digesteur allège les déchets, les algues ou les déjections animales de leur méthane. Produire du gaz naturel issu de la méthanisation peut d'ailleurs reconnu à part entière comme une activité agricole aux yeux de la loi.

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