Les bilans carbone personnels sont-ils tous faux ?

Pourquoi les bilans carbone personnels sont faux ?

Le calcul de nos émissions de CO2 personnelles est toujours établi à partir des quantités consommées et des facteurs d'émissions de ces produits ainsi que nous l'expliquons ici.

Or il serait très difficile de connaitre, chaque année, les quantités précises que  vous avez consommées. Prenons l'exemple de l'alimentation. On pourrait imaginer qu'à partir de vos tickets de caisse de toutes les grandes surfaces on puisse compter chaque année le nombre de yaourts à la vanille, le nombre de kilogrammes d'asperges congelées, de bananes venues par bateau, de foie de veau, de joues de porc, de lentilles du puy-de-dôme, etc.... On peut même imaginer que le calcul se fasse automatiquement, car il est peu probable que nous ayons envie de faire ce travail fastidieux à la main. Il faudrait ensuite ne pas oublier d'y ajouter les épinards frais achetés au marché, ainsi que les abricots bio des vacances.

Imaginons aussi que nos déchets soient pesés, comme c'est déjà le cas dans certaines communes pour la gestion de la facturation. Et qu'on utilise cette donnée pour connaitre notre empreinte carbone.

Mais pour l'instant nous y sommes pas, et nous devons donc essayer d'estimer du mieux possible les quantités consommées. Sur les postes principaux uniquement bien entendu. Il est en effet impossible de recenser tous les produits qui se fabriquent et se vendent dans le monde. Puis, ensuite de vous proposer de cliquer sur ceux que vous avez acheté....

La seconde source d'erreur concerne les Facteurs d'Emissions (FE). D'une part, le calcul même du facteur d'émission, fait l'objet de plusieurs hypothèses. Ainsi, l'ADEME, sur son site Bilan GES (Gaz à Effet de Serre), donne pour chaque FE un niveau d'incertitude pouvant dépasser 50%. Et comme les FE de tous les produits du monde n'existent pas, nous sommes bien obligés d'extrapoler certaines valeurs à partir d'autres (ainsi tous les yaourts ont le même facteur d'émissions). D'autre part, il est probable que nous ne souhaitions pas voir tous ces facteurs d'émissions : les fraises sous serre de Plougastel émettent 7 fois plus de CO2 que les fraises d'Espagne, mais sont 10 fois meilleures !

Quelques ordres de grandeur

Bien que le calcul de notre empreinte carbone soit approximative, elle n'en reste pas moins fort utile. Cela permet d'identifier nos leviers d'actions pour réduire nos émissions. Et de lutter ainsi efficacement contre le changement climatique.

En effet, peu importe que vous mangiez 30 ou 50 kg de boeuf par an (trois à cinq fois par semaine). Et que vous émettiez en conséquence entre 400 et 600 kg de CO2 pour ce plaisir, si en même temps vous êtes chauffé au fioul et brulez 5000 litres par an, soit les émissions de 13 400 kg de CO2.

Il est clair qu'il faut d'abord passer à un chauffage biomasse ou pompe à chaleur. Ceci évitera les émissions de 13 tonnes de CO2 par an.

Ensuite, il faut probablement penser à acheter une voiture électrique ou aller au bureau en vélo.

Et enfin, pour votre santé surtout, manger 5 fruits et légumes par jour (attention, une pizza qui contient de la tomate et des légumes ne compte pas dans les 5 fruits et légumes par jour ....). Ce qui ne vous empêche pas de chercher à réduire l'empreinte carbone de vos repas en suivant ces conseils.

Quelques facteurs d'émission 

Nous vous donnons des ordres de grandeur pour votre habitation et vos transports ici. Voici en complément quelques ordre de grandeur pour l'alimentation :

Un kilo de boeuf, c'est 12.8 kg de CO2.

La volaille, c'est 3 kg de CO2.

Un kilo de poisson, c'est un demi litre de gazole rien que pour le bateau de pêche. Soit au total environ 2kg de CO2 par kg de poisson. Pour du poisson d'élevage, on passe à 4 kg de CO2 par kg de poisson. Et pour les crevettes on est à 9 kg de CO2 par kg de crevettes.

Les fruits et légumes de saison, c'est moins de 300 g de CO2 par kilo. C'est délicieux et en plus bon pour la santé.

Un kilo de Camenbert, c'est 4.28 kg de CO2, tandis qu'un kilo de Comté, c'est 5.6 kg de CO2.

Et note spéciale de la claviste, un kilo de chocolat noir (ici on ne descend pas sous 85% de cacao), c'est 4.87 kg de CO2. Soit à raison d'une tablette par jour, 180 kg de CO2 par an. Rien qu'en réduisant de 10% ses trajets en voiture diesel, la claviste peut continuer à manger du chocolat.

Pour connaitre votre empreinte carbone sans vous faire mal au crane, téléchargez l'application Compte CO2 sur votre smartphone.

N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’information à contact@compteco2.com

 

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