Prix du carbone : combien vaut un €O2 ?

Comment fixer un prix au carbone ?

Il semble qu’aucun économiste ne soit d’accord sur la valeur du prix carbone.

Déjà en 2009, à l’occasion de la conférence des experts sur taxe carbone présidée par Michel Rocard, l’économiste Christian Gollier (qui vient récemment de publier « le climat après la fin du mois » aux PUF, 2019), de la Toulouse School of Economics avait présenté la diapositive ci-dessous, dans laquelle il listait tous les prix du carbone présents dans la littérature scientifique.

[caption id="attachment_12890" align="aligncenter" width="420"]alt Les prix du carbone recensés en 2009 par l'économiste Christian Gollier. Planche présentée en juillet 2009 à l'occasion de la conférence des experts sur la contribution climat énergie présidée par Michel Rocard.[/caption]

Dix ans plus tard, force est de constater qu’il n’existe toujours pas de consensus sur un prix unique.

Par exemple, le rapport Quinet de 2008 sur « la valeur tutélaire » du CO2 fixait un prix de 100 euros la tonne pour 2030. Dans son rapport de 2019, la valeur tutélaire du CO2 est égale à 250 euros la tonne en 2030.

Un autre rapport, rédigé par deux économistes de renommée internationale, Joseph Stiglitz, et Nicolas Stern, ont publié en 2017 une recommendation d’un prix du CO2 pour 2030 compris dans une fourchette allant de 50 à 100 dollars par tonne.

En France, la taxe carbone est fixée à 44,60 euros la tonne de CO2 pour 2019.

Il n’existe pas de prix unique du carbone

D’un point de vue théorique, plusieurs économistes militent pour un prix unique du carbone. Un prix de marché, comme il en existe pour le blé, le pétrole, et beaucoup d’autres biens. Ceci permettrait d’optimiser les dépenses pour réduire les émissions de CO2 mondiales, en se focalisant sur les actions et les pays où le cout d’abattement (le coût pour réduire une tonne) du CO2 serait inférieur à ce prix unique.

Sur le principe, en supposant que les économistes parviennent  à une consensus, cette théorie est bien sur séduisante. Dans la pratique, il est impossible de la mettre en œuvre.

En effet, d’une part tous les pays doivent réduire leurs émissions de CO2, et donc tous doivent faire des efforts. D’autre part, le coût d’abattement du CO2 varie à la fois entre les pays, et au sein même d’un pays.

Prenons le cas de la France.

Une personne qui choisit d’aller au travail en covoiturage évite d’émettre environ une tonne de CO2. Elle évite aussi une dépense d’argent importante en économisant le carburant et l’usure de la voiture. Typiquement sur un trajet aller de 20 km, soit 40 km aller-retour, fois 200 jours de travail annuels, soit 8000 kilomètres par an, il est possible de considérer que le coût de ces 8000 km est compris entre 100 et 500 euros, en fonction de la voiture, de son âge, etc. Ce qui veut dire, qu’une personne qui pratique le co-covoiturage domicile-travail abat une tonne de CO2 et gagne 350 euros en moyenne. Le coût d’abattement du CO2 est donc négatif et égal à -350 euros par tonne de CO2.

Pour un ménage qui décide d’installer une pompe à chaleur, ce cout est égal à +110 euros par tonne de CO2.

1000 €O2= 52.64 €. Soit 1€ = 19 €O2.

En l’absence de prix unique, et pour que la valeur de la tonne de CO2 soit élevée et donc incitative, Compte CO2 s’est appuyé du rapport Rocard sur la taxe carbone.

Celui-ci proposait en 2009 un prix de 45 euros la tonne devant augmenter de 4% par an pour atteindre 100 euros en 2030.

En 2013 l’année de lancement du Compte CO2, le prix du carbone était donc égal à

45 x 1.04 x 1.04 x 1.04 x 1.04 = 52.64 euros.

 

N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’information à contact@compteco2.com

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